Entre danse et connexions : le voyage de Camille pour Get Down à la Biennale de la Danse en Afrique (Toubab Dialaw, Sénégal)
5 jours à l’Ecole des Sables (Toubab Dialaw, Sénégal) à travers la danse
Pour Get Down Dancers Management, le mouvement ne se résume jamais à la performance. Il est aussi question de rencontre, de transmission, de dialogue et de communauté. Du 29 mai au 2 mai, Camille s’est rendue au Sénégal pour la Biennale de la Danse en Afrique à Toubab Dialaw, organisée pour la première fois à l’École des Sables, un moment symbolique et historique pour le monde international de la danse.
Organisée tous les deux ans, la Biennale réunit des artistes, programmateurs, chorégraphes et organisations culturelles venus du monde entier. Pour Camille, ce voyage représentait bien plus que le simple fait d’assister à des spectacles. « Il était important pour moi d’être là », explique-t-elle. « D’être témoin de ce moment, de le vivre, de créer des liens. »
Dès son arrivée au Sénégal, quelque chose a changé. « La première chose que j’ai ressentie, c’est que mon système nerveux s’est complètement apaisé », se souvient Camille. « Je me suis sentie bien immédiatement. » Près de la côte de Toubab Dialaw, entourée par l’air marin, le sable rouge et le rythme de la vie quotidienne, elle a découvert une atmosphère calme, ancrée et profondément humaine.
Pourquoi assister à cette Biennale de la Danse ?
La Biennale de la Danse a réuni un réseau international d’artistes et d’institutions travaillant dans le secteur chorégraphique contemporain. Pour Camille, ce voyage a aussi été l’occasion de découvrir L’École des Sables, le centre de danse légendaire fondé par la célèbre chorégraphe Germaine Acogny et son mari, Helmut Vogt.
Rencontrer Germaine Acogny en personne figurait sur la liste des expériences que Camille rêvait de vivre. « C’est une figure tellement importante de la danse contemporaine. Le simple fait d’être là, présente, dans cet environnement, avait une vraie signification. »
La délégation belge comprenait des représentant.e.s du Théâtre National Wallonie-Bruxelles, de Charleroi Danse, ainsi que plusieurs artistes et compagnies sur secteur chorégraphique et culturel belge. Parmi eux se trouvait Siham Ennajjary, une artiste soutenue par Get Down depuis 2025, sélectionnée à la suite d’un appel à projets organisé par Wallonie-Bruxelles Théâtre Danse, représenté lors du voyage par Séverine Latour. Pour Camille, la présence de Siham rendait l’expérience encore plus cohérente. « C’était logique d’être là ensemble, de réseauter ensemble et de présenter le travail de Siham aux personnes que nous rencontrions. »

La danse comme transmission
L’un des moments les plus marquants du voyage a eu lieu lors d’une performance du danseur et chorégraphe Dexter, connu pour son travail dans le Krump, notamment en tant que co-chorégraphe (avec Hendrickx Ntela / Cie Konzi) et danseur-interprète dans Blind, un spectacle diffusé par Get Down.
Son solo, Griot – Part I, a été présenté dans la programmation de la Biennale, en extérieur, aux côtés d’un immense baobab — un décor chargé de sens spirituel et historique. Dans de nombreuses traditions d’Afrique de l’Ouest, les griots sont des conteurs, des poètes et des gardiens de la mémoire, transmettant le savoir à travers la voix, la musique, le mouvement et l’histoire orale. Dexter est accompagné par Art Track pour sa diffusion et sa production.
Pour Camille, cette œuvre est devenue bien plus qu’une simple performance de danse. « C’était magique, spirituel, historique. Ce n’était pas seulement quelqu’un qui dansait. » Cette image lui est restée : un corps en mouvement dans le sable, près du baobab, sous le ciel sénégalais — une danse devenue mémoire, rituel et transmission à la fois.

Créer des connexions de manière organique
Le networking était l’un des principaux objectifs du voyage, mais Camille s’est rapidement rendu compte que sa manière de créer du lien ne suivait pas les codes professionnels traditionnels. Au lieu d’enchaîner les réunions formelles, elle a laissé les rencontres se faire naturellement. « Je préfère les connexions organiques », explique-t-elle. « L’humain d’abord, puis le professionnel. »
Cette approche a donné lieu à des échanges enrichissants avec des artistes, programmateur.rice.s et travailleur.euse.s culturel.le.s venu.e.s du Cameroun, de RDC, du Chili, d’Angleterre, du Mozambique, de France, des Pays-Bas,… Certaines conversations ont eu lieu autour du petit-déjeuner ; d’autres se sont développées en attendant le début des spectacles, après des tables-rondes, de rendez-vous, ou lors de discussions.
Pour Camille, ces rencontres ont confirmé quelque chose d’essentiel dans sa manière de travailler : « Je crois au fait de semer des graines. On ne sait jamais où une connexion peut mener plus tard. »

Réflexion, doute et rester fidèle à soi-même
Au-delà des spectacles et des rencontres professionnelles, ce voyage est aussi devenu un moment de réflexion personnelle. Camille parle ouvertement de ses moments de doute — se demandant si elle faisait du networking « correctement », si elle était suffisamment proactive et si sa manière plus douce, intuitive et sensible de travailler avait sa place dans les espaces professionnels.
À la fin du voyage, elle est arrivée à une conclusion importante. « Je suis restée fidèle à moi-même », dit-elle. « Et c’est quelque chose dont je suis fière. » Avant de partir, Camille avait également préparé une nouvelle brochure présentant les artistes soutenu.e.s pour la saison à venir. Distribuée tout au long de la Biennale, elle a notamment suscité une réaction enthousiaste de la part des professionnel.le.s présent.e.s.
Bien plus qu’un voyage professionnel
Bien que le séjour n’ait duré que cinq jours, l’expérience a laissé une empreinte durable. À travers les conversations, les spectacles, les réflexions et les rencontres, le voyage à la Biennale de la Danse à l’École des Sables est devenu bien plus qu’une mission professionnelle.
Il est devenu un rappel de ce qui se trouve au cœur de ce travail : créer des espaces où artistes, cultures et personnes peuvent véritablement se rencontrer. Et parfois, les choses les plus importantes commencent exactement là dans le sable, au pied d’un baobab, au cours d’une conversation entre inconnus qui deviendront peut-être un jour des collaborations.
